La situation des auteurs latino-américains

Suite à l’enquête publiée en 2016 par les États Généraux de la Bande dessinée , la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême a consacré son université d’été aux problèmes de précarisation des auteurs, de surproduction et de crise du modèle économique et culturel du « neuvième art ». Les actes de ces journées sont en ligne ici. Ma contribution sur les auteurs latino-américains .

lllustration (C) Rodrigo Salinas, La Tormenta perfecta, Santiago, Feroces Editores.

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Des écritures en partage. Incorporation, hybridation, circularité dans « Dear Patagonia » de Jorge González

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Article publié dans la revue de l’ILCEA nº 24, Lire et écrire ensemble, en hommage à Michel Lafon.

Résumé :

Le roman graphique de Jorge González, Dear Patagonia (Sins Entido, 2011), est le fruit de l’écriture en collaboration entre le dessinateur et trois autres scénaristes : Horacio Altuna, Hernán González et Alejandro Aguado. Cet assemblage d’écritures fait entendre les voix et les témoignages de la culture indigène. Il entre en résonance avec le dessin de González, qui se donne à voir dans son engendrement en conservant les traces de brouillons et d’esquisses. Récit fictionnel, documentaire et carnet de voyage sont reliés par les motifs de l’incorporation, de l’hybridation et de la circularité afin de mettre au jour les problématiques identitaires en Patagonie.

Iceberg de Michel Hellman

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(C) Michel Hellman

Iceberg est un petit livre en surface qui cache des profondeurs abyssales. Le 21 janvier 1968, un bombardier américain s’écrase dans l’océan Arctique et déverse les substances radioactives des bombes H qu’il transporte. Michel Hellman choisit de faire le récit de l’instant où tout bascule, où l’immense quiétude de la banquise est touchée par l’accident tragique.

La forme de ce livre est époustouflante tant la technique employée par Michel Hellman est efficace pour transmettre l’atmosphère de la banquise et faire comprendre l’ampleur des dégâts causés par l’accident. L’ouvrage est composé de 38 pages disposées en paysage (18x13cm) rassemblant chacune trois vignettes verticales faites de papiers découpés et posés sur un fond noir. Il ne s’agit donc pas d’un récit dessiné à proprement parler puisque la figuration se fait en creux, par apparition du fond noir dans le gris-blanc du papier de type bloc de notes perforé. Ainsi les silhouettes des animaux et des hommes qui habitent ces lieux surgissent, remontant du fond du papier et y laissant leur trace. Elles percent le support comme on les verrait se détacher sur un horizon immaculé à perte de vue.

Suite de la chronique d’Iceberg de Michel Hellman (Colosse, 2010) sur Du9.

Welcome de Guillaume Trouillard

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(C) Guillaume Trouillard

«Welcome/Goodbye» est-il écrit sur le paillasson qui ouvre et referme l’inventaire de Guillaume Trouillard comme pour nous rappeler que toute venue au monde est indissociable de l’idée de mort. Ce livre, créé à l’occasion de la naissance de sa fille, est un état des lieux de la réalité qui nous entoure sous forme d’imagier. Proposant une technique différente à chaque double page, le dessinateur prend les outils du dessin d’étude pour décrire la planète sur laquelle vient d’atterrir l’enfant. Très vite, l’on comprend le parti-pris qui gouverne à la sélection des éléments de la nature ou du quotidien qui sont dessinés. Guillaume Trouillard nous donne à voir une lecture critique de l’existant, où les merveilles de notre univers dialoguent avec les forces mortifères qui les menacent.

Suite de la chronique de Welcome de Guillaume Trouillard (Éditions de la Cerise, 2013) sur Du9.

Alessandra, Guille et Belinda : regards sur une vie

The Explorer, 2002(C) Alessandra Sanguinetti

Un village dans la pampa argentine au sud de Buenos Aires. Quelques maisons au milieu de la nature. Des chiens, des chats, des poules, qui cohabitent avec les paysans du coin. C’est là que vivent Guille et Belinda, deux jeunes filles qu’Alessandra Sanguinetti a photographiées, de l’enfance à l’âge adulte, au rythme de ses séjours dans cette campagne.

Lorsqu’elle pose ses yeux sur elles pour la première fois, en 1999, Guille et Belinda sont encore de jeunes enfants. La photographe va les suivre dans leurs activités et surtout dans leurs jeux. De ce travail va naître un premier livre, The Adventures of Guille and Belinda and the Enigmatic Meaning of their Dreams (Nazraeli Press, 2010) qui rassemble les photos prises pendant les premières années de ce que l’on peut appeler une collaboration artistique. Ses images transmettent la tendresse qui unit les deux fillettes, qui ont grandi au milieu des animaux, qu’elles voient naître et mourir aux mains de leurs parents éleveurs. On est frappés par le mélange de douceur et d’aridité qui se détache de certaines scènes. Les gestes sont affectueux, les regards intenses, qui sans cesse renouvellent un pacte entre elles et la photographe.

Un glissement semble se produire au fil du temps dans ces prises de vue, de plus en plus scénographiées. Tandis que Guille et Belinda se déguisent pour jouer aux adultes, comme le font tous les enfants, progressivement, Alessandra Sanguinetti intervient dans ces travestissements « pour de rire ». Sa présence engendre de nouveaux jeux où, toutes trois, composent des détournements de l’iconographie religieuse et picturale, ainsi que de représentations de scènes de genre. On retrouve les deux filles posant pour une pietà en plein air ou interprétant une nativité dans une grange. Humour et gravité se dégagent de ces compositions, tantôt gisant en pleine scène de crime ou bien se laissant porter par la rivière, telles deux Ophélies. Leur interprétation de ces images neutralise l’effet kitsch qu’elles pourraient produire. Elles en deviennent familières tout en sublimant les lieux et les objets du quotidien des deux enfants. Si l’on aime à retenir les images qui contiennent une dimension symbolique, celles-ci sont complémentaires de prises de vue plus documentaires qui permettent de comprendre le cadre de vie des fillettes. Et l’écart ludique et vital qu’apportent ces photos. C’est en leur faisant rejouer les scènes mythiques de la culture occidentale, en se servant des décors et des accessoires disponibles autour d’elles, qu’Alessandra Sanguinetti semble être au plus proche de leurs émotions et de leurs rêves. Alors que Guille et Belinda paraissent absentes au milieu des adultes dans les activités de tous les jours (vie à la ferme, fêtes de village), fardées et costumées, elles se dévoilent.

[…]

La suite de l’article dans Clic, Espaces Latinos spécial photographie latino-américaine, hiver 2013-2014. Abonnez-vous !

Entretien avec / Entrevista con Niños – Ultramundo

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Illustration collective réalisée par Darío Fantacci, Santiago Fredes et Pedro Mancini.

Entretien avec le collectif argentin Niños, éditeur de la revue Ultramundo, sur Du9.

L’illustration vedette est un fragment d’une toile de Lula Mari.

Entrevista con Carlos Nine / Entretien avec Carlos Nine

Entrevista con Carlos Nine en Ergocomics.

Entretien avec Carlos Nine sur Du 9.